
The Evil Within – Le mal est à l’intérieur
The Evil Within n’a pas cessé de faire parler de lui depuis son annonce en 2012. Et on en comprend aisément la raison : retrouver Shinji Mikami, papa de Resident Evil, dans son domaine et sur un nouveau projet, c’est plus que tentant. La promotion faite autour du jeu y est aussi pour beaucoup : les bandes-annonces suffocantes, les screenshots mystérieux, … Bref, l’attente fut longue mais nous y voilà enfin!
Un monde tordu
Vous incarnez Sebastian Castellanos, un détective qui semble porter un lourd passé. Lors d’une enquête de routine avec vos partenaires Joseph Oda et Juli Kidman, les événements tournent mal et vous vous retrouvez dans un endroit inconnu où le cauchemar ne fait que commencer. C’est dans cette ambiance que vous allez devoir retrouver vos coéquipiers mais surtout essayer de survivre dans un environnement plus qu’hostile.
Le jeu donne le ton rapidement et on comprend que pour pouvoir survivre on va devoir la jouer discret et donc… se cacher ! En effet, les munitions ne sont pas monnaie courante dans le jeu même en mode détente. Les épargner vous sauvera la vie. De plus, échapper à la vigilance des ennemis vous permettra de ne pas en attirer davantage. Mais que les plus férus d’action se rassurent, vous retrouverez des moments où vous battre sera obligatoire, que ce soit contre un boss ou contre des ennemis lambda.
On évolue dans différents endroits : hôpital psychiatrique, village, manoir, … Des lieux vraiment propices à l’angoisse. Régulièrement, vous trouverez des pièces avec un miroir. Laissez-vous guider par le « Clair de lune » de Debussy pour vous y rendre. C’est là que vous en apprendrez plus sur votre passé (par le biais de pages de carnet) et surtout que vous entrerez dans ce qui semble être un asile. Cet endroit vous offre beaucoup de possibilités non négligeables : sauvegarder manuellement (c’est le seul lieu dans le jeu qui le permet), améliorer vos compétences, ouvrir des casiers (qui vous donnent droit à des objets utiles pour progresser dans le jeu), …
Ensuite, vous n’avez plus qu’à reprendre le miroir en sens inverse pour continuer l’histoire. Justement, concernant l’histoire, les attentes étaient grandes. Le jeu se divise en quinze chapitres et autant vous dire que la durée de vie est considérable. En prenant mon temps et en mode détente, je cumule un peu moins de 20 heures de jeu. Pour un survival-horror, c’est une durée de vie plutôt colossale. De plus, si vous êtes un fan absolu des trophées, recommencer le jeu sera obligatoire. Ainsi vous devrez tout collecter (articles, journaux, morceaux de la carte, …) mais aussi finir dans toutes les difficultés. De quoi faire durer le plaisir !
En ce qui concerne l’histoire, les indices sont vraiment distillés avec parcimonie. On espère que le final nous éclairera… et bien non ! Beaucoup de questions restent en suspens, tout n’est pas clair et même si j’ai deux ou trois théories, je ne suis pas sûr d’avoir compris cette histoire à 100%. Un DLC axé sur le personnage de Kidman est prévu et je croise les doigts pour qu’il apporte plus de réponses. Je me rassure en voyant le grand nombre de suppositions des joueurs sur le net ; « The Evil Within » fait parler de lui et dans tous les sens du terme.
Une ambiance diabolique
Si « The Evil Within » peut compter sur une chose, c’est sur son ambiance ultra travaillée. Tout d’abord, les environnements sont variés et proposent des terrains de jeu plus flippants les uns que les autres. Il fait toujours sombre (le contraire serait étonnant) et on hésite très souvent à utiliser sa lanterne de peur de se faire repérer.
On ressent en permanence un sentiment d’insécurité d’autant plus que vous pouvez être projeté à tout moment dans un nouvel endroit. Par exemple, vous êtes dans un village et une cinématique vous envoie dans l’hôpital. On ne sait jamais sur quel pied danser. Et lorsque l’on retrouve nos coéquipiers, on sait que cela sera de courte durée.
Le bestiaire du jeu n’est pas spécialement inspiré mais il est efficace. L’espèce de créature mi-araignée, mi-sosie de Alma (de FEAR, oui) est effrayante au possible. En plus, elle se téléporte, cette saloperie ! Citons aussi le mastodonte à la tronçonneuse qui vous poursuit pendant une bonne partie du jeu et qui fait sans conteste son effet !
Vous remarquerez aussi deux bandes noires situées en haut et en bas de l’écran : comme un film de cinéma. Le jeu prend ainsi un aspect cinématographique. Un choix qui peut paraitre osé mais qui porte ses fruits et ajoute à l’immersion du titre.
Trop d’erreurs techniques?
« The Evil Within » déçoit par sa technique peu convaincante. On retrouve des petits bugs, rien de bien méchant. Par contre, les environnements extérieurs manquent de travail : très régulièrement on est face à des textures horribles ou encore on doit attendre qu’elles apparaissent lors d’une cut-scene. Les phases où l’on doit progresser dans l’eau ne passent vraiment pas, surtout quand Sebastian traverse un rocher !
Il faut se dire que nous sommes sur PS4 ; alors graphiquement, on s’attendait vraiment à quelque chose de plus abouti. Je ne suis pas non plus satisfait de la difficulté que je trouve mal dosée. J’ai plus galéré à des moments vers le milieu du jeu qu’à la fin ! A l’inverse des soucis graphiques du titre, la maniabilité est plutôt agréable malgré des problèmes de caméra
Note
17/20
« The Evil Within » est un très bon survival-horror et on n’en attendait pas moins de la part de Shinji Mikami. Même si le titre présente des erreurs techniques évidentes, il n’en reste pas moins l’un des jeux d’horreur les plus intéressants de ces dernières années. Laissez-vous tenter et entrez dans ce cauchemar des plus psychédéliques.
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