Monster Hunter Rise

Monster Hunter Rise

Monster Hunter World fêtait fin janvier son troisième anniversaire, eh oui, déjà trois ans c’est que le temps file ! Le plus gros succès de l’histoire de Capcom a réussi à transformer la licence Monster Hunter, jusqu’ici habituée aux consoles portables malgré quelques itérations sur Playstation 2 et Wii / Wii U, pour redynamiser l’expérience de jeu sur consoles de salon en mettant l’accent sur l’accessibilité sans pour autant toucher à la profondeur de la série. Malgré une poignée d’heures sur la version Ultimate de MH4, World fut mon premier véritable Monster Hunter, et inutile de se voiler la face : une fois qu’on s’est essayé à la nouvelle formule adoptée par la licence, ce n’est pas sans heurt que se passe le retour sur un Monster Hunter « à l’ancienne ». Monster Hunter World n’ayant pas été porté sur Switch, les chasseurs en possession de la console hybride de Nintendo devaient se contenter de l’opus Generations Ultimate définitivement ancré dans les années 3DS de la série… Mais ça, c’était avant la sortie de Monster Hunter Rise !

Disponible pour le moment exclusivement sur Nintendo Switch (une version PC est cependant attendue pour l’année prochaine), Rise est le véritable nouvel opus de Monster Hunter et le digne successeur de MHW. Comme son grand frère, Rise fait voler en éclat la séparation des niveaux en différentes zones pour une approche beaucoup plus ouverte, n’hésitant pas à miser sur la verticalité de ses environnements pour des chasses toujours plus intenses. Rappelons rapidement le concept : dans Monster Hunter, nous incarnons un chasseur qui devra défendre le village servant de hub central à l’expérience contre les dangers dus aux monstres qui rôdent dans les parages. Pour ce faire, notre avatar devra accepter et accomplir de nombreuses quêtes : collecte de matériaux, élimination de groupes de monstres mineurs mais surtout les chasses, de véritables traques qui sont tout autant de combats de boss contre les véritables stars de Monster Hunter : les différents monstres composant son bestiaire ! Bien que le jeu soit imprégné d’un très fort ADN RPG, notre personnage ne montera pas en niveau au fil de l’aventure et la courbe de progression repose sur une toute autre dimension.

Le Chumsky, utilisé comme monture

Chaque quête accomplie sera l’occasion de récolter de précieuses ressources, le plus souvent à récupérer à même la carcasse encore chaude de notre cible, qui permettront d’obtenir auprès du forgeron du village de nouvelles armes et armures selon une logique assez simple : plus la créature abattue est dangereuse, plus la qualité des pièces d’équipement qu’il est possible de réaliser avec les ressources associées sera élevée. La boucle de gameplay repose sur un concept infernal poussant le joueur à affronter des monstres puissants afin de s’équiper pour partir à l’assaut de créatures encore plus puissantes dans une recherche incessante d’améliorations, une constante des Monster Hunter qui trouve à nouveau l’écho parfait dans Rise. Comme tout Monster Hunter qui se respecte, Rise peut être parcouru seul ou en coopération jusqu’à quatre joueurs en ligne, mais contrairement à World et fidèlement aux épisodes 3DS, la progression est ici divisée en deux catégories de quêtes : celles à parcourir en solo qui se prennent à même le village et celles dédiées au jeu à plusieurs dans le Grand Camp, des quêtes qu’il reste malgré tout possible d’effectuer seul.

Le Tetranadon, nouveau monstre aux allures de Kappa

De part son statut de console hybride, la Switch permet aussi bien le jeu en ligne que la connexion « locale » permettant aux chasseurs de se retrouver dans la même pièce et partir à l’aventure avec leurs consoles en mode portable – quand les conditions sanitaires le permettent bien entendu. Dans un cas comme dans l’autre, la connexion assure une bonne stabilité et rares seront les parties interrompues pour cause de perte de signal. Les deux catégories de quêtes disponibles sont réparties par groupes à la difficulté progressive symbolisée par le nombre d’étoiles qui leur est attribué, et si dans les grandes lignes la progression est distincte entre le village et le grand camp, faire évoluer son village permettra de débloquer des améliorations dont il sera possible de profiter lors des quêtes du grand camp. Dans le même ordre d’idées, on récupérera plus vite du matériel de qualité en quête « de groupe », nous permettant de prendre un peu d’avance sur la préparation pour les quêtes du village.

Le village de Kamura

Parlons-en d’ailleurs du village ! Kamura, le hub au cœur duquel évoluera notre chasseur, est un phénomène de lisibilité et l’on s’y déplacera bien plus aisément que dans les hubs gargantuesques de Monster Hunter World. Comme le village est plutôt petit, on aura vite fait d’y naviguer entre les différents points d’intérêt pour préparer sa quête, et c’est ainsi que Monster Hunter Rise continue le chantier consacré à l’accessibilité qu’avait commencé son prédécesseur. En effet, si World faisait tout pour que la chasse soit la plus confortable et dynamique possible, faisant sauter une barrière d’accès assez importante sur les anciens Monster Hunter, il le faisait au détriment de son interface assez lourde et au prix de nombreux allers-retours dans une Astera bien trop vaste pour son propre bien. Ici dans Rise, et contrairement à la première impression que pourraient laisser tous ces tutoriels sautant littéralement à la figure du joueur lors de sa première partie, la navigation dans le jeu – que ce soit dans le village ou dans les zones de chasse – n’a jamais été aussi claire et intuitive dans un Monster Hunter. Dans ce souci d’intuitivité, le jeu nous rappelle constamment quels sont les objectifs à accomplir pour progresser dans les deux catégories de quêtes.

Une arène de Calamité

À l’instar de Monster Hunter World, pas de nouvelle arme à l’horizon, c’est plutôt du côté des compagnons que la nouveauté est à aller chercher ! Lors de la création de notre personnage, en plus du traditionnel Palico, il nous faudra également créer un Chumsky (qui est au chien ce que le Palico est au chat), qui incarne l’une des nouveautés majeures de Rise. En effet, toujours dans ce souci d’accessibilité et d’instantanéité, le jeu nous permet de partir chasser en compagnie de deux Pilpoils (le petit nom affectueux donné aux compagnons dans le jeu), ce qui dynamisera déjà pas mal les combats en solo, affublé de non pas un, mais deux partenaires contrôlés par l’IA. En outre, pour peu qu’il y ait un Chumsky avec nous, il sera possible de le chevaucher pour voir notre vitesse de déplacement augmenter considérablement sans la moindre consommation d’endurance. Comme pour notre chasseur, nous pourrons améliorer l’équipement de nos Pilpoils, avec toutefois une petite subtilité : pour forger de l’équipement pour un compagnon, il ne faudra pas utiliser de ressource spécifique d’un monstre, mais des débris à récupérer après avoir utilisé des ressources dudit monstre pour crafter une pièce d’équipement pour notre personnage.

Alors, qui c’est qui est un bon Chumsky ?

Compte tenu du gain de vitesse octroyé par notre monture à poils et à crocs, on aurait vite fait de penser que l’exploration des mondes se retrouve réduite à peau de chagrin une fois les monstres localisés – surtout qu’il suffit de les rencontrer pour les voir apparaitre sur notre carte à tout moment – mais ce serait passer à côté d’une nouvelle mécanique qui vise justement à nous faire explorer un maximum la zone de jeu à chaque chasse. Notre avatar est équipé d’un bracelet spécial sur lequel viendront se poser des oiseaux dorés dispersés sur l’ensemble du niveau une fois que notre personnage passera assez près d’eux. En se posant, ces oiseaux octroient à notre chasseur un boost de statistiques dont l’effet durera pour toute la quête en cours et ne sont donc pas à négliger. Dans le même ordre d’idées, on retrouve également des insectes dont l’aura fera bénéficier tout membre de l’équipe, se trouvant dans la zone d’effet, d’un boost considérable de statistiques qui sera, lui par contre, éphémère. Les niveaux ont été conçus de sorte à mettre en avant leur verticalité, et ces insectes et autres oiseaux peuvent aussi bien servir d’indices que de récompenses pour les chasseurs prêts à s’adonner à la varappe… Et ça tombe plutôt bien car Monster Hunter Rise s’inspire du grappin introduit dans World via l’extension Iceborne pour nous équiper à cet effet !

Le Bishaten, mon nouveau monstre préféré !

Les Filinsectes, car tel est leur nom, sont des filaments de lumière utilisables comme un grappin afin de projeter notre personnage dans la direction visée. Bien s’en servir demandera un certain temps d’adaptation, mais ils permettront aux joueurs les plus aguerris de gravir n’importe quelle surface en quelques mouvements bien placés. Ils trouvent également leur efficacité en combat, toujours en s’inspirant du grappin de Iceborne, en permettant de chevaucher les monstres. Concrètement, il est possible d’affaiblir un monstre au point de le mettre au sol en utilisant les Filinsectes conjointement à notre arme, non sans ouvrir de nouvelles possibilités et stratégies pour chaque set d’armement. Une fois le monstre au sol, on peut carrément en prendre le contrôle et cette mécanique prend encore plus de sens quand deux monstres majeurs se retrouvent dans la même zone de jeu et engagent une guerre de territoire entre eux, transformant la chevauchée en duel de monstres pour des dégâts garantis. À propos de garantie, j’ai même pu constater qu’il suffit que deux monstres se disputent pour que l’un des deux devienne automatiquement chevauchable, et c’est la porte ouverte à un paquet considérable de dégâts faciles, cette mécanique a le don de renouveler les chasses à chaque fois !

Chevaucher un Rathalos ? C’est maintenant possible

Dernière grande nouveauté, les Calamités ! Ces quêtes spéciales placent le joueur dans une arène au coeur de laquelle se disputeront des affrontements façon Tower Defense. De nombreux points d’apparition sont disposés dans l’arène, desquels il sera possible d’ériger des systèmes de défense, automatisés ou non : une bombe qui se déclenchera au passage d’un monstre, des balistes, des canons, des PNJ qui viendront vous prêter main forte, c’est tout un arsenal qui se débloquera au fil de l’affrontement. Le but ici est de repousser l’assaut des monstres afin de les empêcher de franchir le portail menant à Kamura, et au fur et à mesure que les monstres sont vaincus (soit par la mort, soit par leur fuite), notre Forteresse va augmenter de niveau. Si les premiers instants voient nos moyens de défense rester rudimentaires, il sera très rapidement possible – et vital ! – de gérer nos installations tout en esquivant et attaquant les monstres sur le terrain. Les adversaires arriveront par vagues, de plus en plus puissants et nombreux, jusqu’à l’apparition du boss à la taille massive. On ne va pas se voiler la face, ces phases de jeu peuvent être rapidement confuses en solo mais elles permettent de récupérer rapidement de précieuses ressources et prennent tout leur sens en équipe de quatre.

Et rien qu’à la vue de cette image je suis sûr que vous l’avez en tête !

Bien évidemment, compte tenu de son support, Monster Hunter Rise ne peut pas compter sur une plastique aussi fine que son prédécesseur, mais les équipes de Capcom – parfaitement conscientes de ce fait – ont mis les bouchées doubles sur la direction artistique du titre pour outrepasser ces limitations techniques. En résulte un jeu magnifique et très coloré optant pour une représentation fantastique et fantasmée du Japon féodal qui tape juste en toutes circonstances. Les cinématiques d’introduction des monstres au début de chaque quête mettent dans l’ambiance avec le grain d’image typique, et les estampes des écrans de chargement (ridiculement courts, c’est à préciser !) rappellent astucieusement Okami à notre bon souvenir. Le design des nouveaux monstres et des sets d’équipement qui en découlent est particulièrement réussi, on prend plaisir à découvrir leurs schémas d’attaque et relever ces nouveaux défis. Le casting réussit d’ailleurs une belle pioche et alterne assez bien les nouveaux venus et les têtes connues, contre lesquelles on se sentira vite comme à la maison. La bande originale signée Satoshi Hori, connu pour son travail sur Resident Evil 7, embrasse parfaitement la direction artistique du jeu et regorge de pépites venant insuffler encore plus d’épique aux affrontements tout en offrant de véritables moments de détente avec le thème du village de Kamura ou encore la chanson accompagnant la moindre commande de plat à la cantine : elle va vous rester en tête longtemps celle-là, je vous le garantis !

Note

19/20

Accessible, riche et diablement prenant, Monster Hunter Rise profite de l'expérience acquise par Capcom sur Monster Hunter World et transforme "l'essai" pour un résultat encore plus addictif et intuitif. Jouez-y, que ce soit seul ou avec des amis, vous ne le regretterez pas !

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