
G-LOC Air Battle
G-LOC : Air Battle est un nouveau titre de la gamme Sega Ages sur Nintendo Switch. Une conversion directe du jeu d’arcade dotée d’options supplémentaires pour profiter du titre comme vous l’entendez.
G-LOC, c’est un peu l’ami que vous n’avez plus vu depuis l’école secondaire et qui ressurgit sur votre fil Facebook à l’occasion de son anniversaire. Enfin, pour être exact, c’est plutôt l’ami d’un ami que vous connaissez beaucoup mieux. En effet, son nom cache une parenté avec une série bien plus célèbre : After Burner.
Son nom justement évoque un effet secondaire plutôt gênant quand on aime piloter son avion comme un sauvage. Il s’agit de la perte de connaissance induite par la force d’accélération ou G-LOC (G-force induced Loss of Consciousness). On imagine alors que le jeu va foncer à toute allure et pourtant, il est nettement plus calme qu’After Burner, trop frénétique à mon goût. G-LOC adopte un rythme plus humain, même s’il devait sacrément remuer en salle d’arcade, en particulier sur la borne cockpit ou pire dans son édition R360 qui tournait sur elle-même à 360 degrés.

G-LOC sort en arcade en 1990 sur le système Sega Y Board, qui accueille aussi Galaxy Force et Power Drift. S’il ne fait certainement pas partie de votre top 10 des jeux Sega marquants en arcade, il a fait l’objet des portages réglementaires de l’époque, c’est-à-dire les consoles Sega et plusieurs micro-ordinateurs. La version la plus mise en valeur se trouve probablement sur Game Gear, où G-LOC a fait partie des titres de lancement de la portable en Europe et aux États-Unis. Manque de bol, le portage Game Gear est extrêmement raboté… D’ailleurs, faute de portage sur 32X et Saturn, aucune version domestique n’est à la hauteur de l’original en arcade. Tout l’intérêt de cette réédition sur Switch, qui reproduit fidèlement le jeu en salle.
J’ai une affection particulière pour les jeux Sega utilisant une technique de fausse 3D qu’on appelle « super scaler ». Le maître de cette technologie est le grand Yu Suzuki, qui a aussi dirigé le projet G-LOC. Très à l’aise sur un système d’arcade plus performant que celui d’Outrun ou After Burner, par exemple, G-LOC pourra toujours vous impressionner aujourd’hui si, comme moi, vous vous émouvez encore d’une belle technologie rétro. Les avions qui passent devant votre cockpit ont de l’allure et les décors simples ont le mérite d’accentuer l’impression de vitesse. En somme, G-LOC est un jeu d’arcade devant lequel on s’arrête et ce ne sont pas les musiques accrocheuses qui diront le contraire.
Contrairement à After Burner, G-LOC adopte une vue à l’intérieur du cockpit. Le manche à balai à la main, cette vue devait faire son petit effet en arcade, surtout sur les bornes les plus luxueuses. Pour reproduire cette sensation, la version Sega Ages propose un affichage « moving seat », qui vous place dans la fameuse borne cockpit. On s’y croirait, avec le contour de la borne qui suit le mouvement de l’avion, mais aussi le bruit des boutons. À nouveau, le studio M2 a fait du bon, de l’excellent boulot. Évidemment, les options comportent d’autres modes d’affichage et des filtres satisfaisants, impossible de ne pas y trouver son bonheur.

G-LOC est autant un jeu de tir qu’un contre-la-montre. Chaque stage vous octroie quelques dizaines de secondes pour abattre un certain nombre d’ennemis. Si le chrono arrive à zéro, c’est le game over et le choix de continuer ou non (jusqu’à neuf fois par partie). En revanche, l’explosion de votre avion ne signifie pas la fin des haricots, jusque quelques secondes de perdues. Cela rappelle plutôt les jeux de course, où les accidents, aussi graves soient-ils, ne vous font perdre que du temps. Dès que vous avez abattu le nombre requis d’adversaires, le chrono s’arrête et vous récupérez des secondes pour le stage suivant. Économiser ses missiles à tête chercheuse fait aussi gagner du temps pour la prochaine mission.
Pour combattre, vous disposez de deux armes : la mitrailleuse et les missiles. La mitrailleuse est équipée de munitions illimitées et peut toucher les avions à courte distance. Concrètement, laissez le bouton de tir appuyé et liquidez tout ce qui passe devant vous. L’utilisation des missiles est plus délicate. Lorsqu’un avion entre dans le cadre de votre viseur, votre radar l’intercepte et le poursuit jusqu’à verrouiller la cible (plus ou moins rapidement selon l’option choisie). C’est le moment de lancer votre missile, qui ira faire son petit ménage tout seul comme un grand. La phase de tir est ainsi plutôt calme, ce qui vous permet de vous concentrer aussi sur vos déplacements ; ce serait bête d’abandonner quelques secondes en vous fracassant contre une falaise. Il faudra aussi parfois changer de cap pour aller arroser des cibles au sol ou foncer vers un escadron sur le bord de l’écran. Évidemment, si vous vous mettez dans leur ligne de mire, les ennemis n’hésiteront pas à vous tirer dessus. Un tir bien placé et votre pare-brise volera en éclats bien plus gros qu’une pièce de deux euros ; l’effet est bien fichu mais votre vision en prendra un coup. Pire, un avion mauvais joueur peut carrément vous abattre et faire défiler de précieuses secondes pendant que vous vous éjectez en parachute.
Les ennemis les plus fourbes vous prendront en chasse en vous obligeant à éviter leurs tirs. G-LOC change alors de point de vue en passant à la troisième personne. Le but de l’opération consiste à échapper à votre adversaire en faisant des tonneaux ou en poussant une forte accélération. Quand vous l’avez semé, la vue revient dans le cockpit dans une transition bien fluide. Enfin, soit en fin de partie, soit en phase bonus, vous devrez atterrir en posant votre avion sur la piste. Si tout se passe bien et que vous n’êtes pas à court de temps et de continues, vous recevrez les félicitations de votre supérieur tout juste sorti de sa sieste. Terminer la partie ne devrait pas vous poser de gros problèmes, quelle que soit la difficulté du parcours choisi, comprenant jusqu’à seize stages. Le mode « Ages » propose un autre challenge relevé sous la forme d’une succession de stages en un seul crédit, avec des ennemis et des missiles plus nombreux.
Note
14/20
G-LOC n’est pas la plus célèbre création de Sega en arcade et cette réédition sur Switch est l’occasion idéale de le redécouvrir. Une fois de plus, la gamme Sega Ages fait honneur au jeu original et ajoute quelques options d’agrément. Utilisez le mode d’affichage "moving seat" et vous obtiendrez une expérience cent fois plus grisante que sur un émulateur.
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